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B7. SERIE-Lectures

 

 

J'ai aimé regarder les gens lisant.

Fascinée par les positions des corps penchés sur un livre.

Le corps est beau et actif, la personne totalement plongée dans les mots, s'extrayant souvent du monde autour.

 

 

En médiathèque, dans la rue, dans les jardins publics, les transports en commun... c'est ce que j'ai voulu rendre à travers mes images, la beauté, l'intimité.

 

 

Claire L'Homme a entrepris d'explorer l'acte de lire. De prime abord, la thématique peut sembler austère, sachant de plus qu'aucun visage n'est photographié. En effet, les images ont été prises au vol, sur le vif, à l'insu des lecteurs et lectrices.

Alors, deux cents clichés exposés, deux cents chevelures penchées sur un bouquin ?

Quand la photographe m'accueille à la médiathèque, je lui demande tout de go :

- Est-ce vraiment photogénique, la lecture ?

- Oui, répond-elle, la manière dont les corps se tournent vers un livre est souvent très belle.

Et c'est vrai, il y a mille façons de s'installer autour d'un livre, chacun et chacune semble avoir sa posture, parfois langoureuse, parfois cocasse. Les jeunes, les vieux, les solitaires, les couples, dans le bus, sur un banc, à la plage, tous créent une relation singulière avec l'objet livre.

 

 

 

Ce qui se révèle, au fur et à mesure de la visite, ce n'est pas qu'une courbure des corps vers la lecture, c'est toute une gestuelle qui n'appartient qu'au monde du livre. Comment on le porte, comment on le feuillette, comment on le range... Il est émouvant de découvrir les nombreuses délicatesses dont nous entourons cet objet pas comme les autres. Je réalise, photographie après photographie, tout ce que nos mains inventent pour tenir un livre.

 

 

(...)Chose amusante tout au long de l'exposition, je ne peux m'empêcher de lire par-dessus l'épaule des lecteurs photographiés ! Dès que c'est possible, je m'approche et vole quelques lignes qui apparaissent entre la main et la chevelure d'une inconnue. J'en attendrais presque qu'elle tourne la page ! Or qui n'a jamais espionné une lecture, dans le train, dans le bus ? Simple curiosité littéraire, mais aussi, sensation de faire connaissance, presque intimement, avec la personne qui tient l'ouvrage.

Philippe Gilles

"Les Chroniquous"